HORS SÉRIE – GRAND FORMAT

Coupe du monde. Et « Piksi » ressuscita la Serbie

"Si j'étais le sélectionneur de la Serbie, je nous emmènerais au Qatar". Cette déclaration de Dragan Stojkovic, après la débâcle en barrages pour l'Euro 2020 face à l'Ecosse (défaite aux T.A.B, NDLR), paraît fort de café. Il n'empêche que "Piksi" a vu juste : la Serbie fait partie des 32 nations à disputer la Coupe du monde 2022. Et ce, en terminant premier de sa poule de qualifications. Avant de prendre en main la Serbie, Dragan Stojkovic a eu une modeste carrière d'entraîneur en Asie. Il commence par prendre en main le club japonais de Nayoga Grampus, où il a achevé

Coupe du monde. L’idole Dragan Stojkovic

26 juin 1990, dans la chaleur étouffante du Stade Marcantonio-Bentegodi de Vérone, le numéro 10 Yougoslave se révèle aux yeux du monde entier. Si une riche carrière lui est promise, tant son talent était évident pour tous, son parcours, loin d'être raté, ne sera pas à la hauteur des attentes. Récit d'un joueur atypique, Messie en son pays. Une éclosion à Nis Dragan voit le jour le 3 mars 1965 à Nis, en Yougoslavie à l'époque, et en Serbie aujourd'hui. Il prend à l'école le surnom de "Piksi", en référence au dessin animé Pixie, Dixie et Mr Jinks, où Pixie est une

HORS-SERIE. Criminels et État : liaisons dangereuses au Partizan

L'arrestation en février 2021 de Veljko Belivuk, alias Velja "Nevolja", a secoué toute la Serbie. D'une part, les liens entre crime organisé et tribunes serbes ont fait leur retour. D'autre part, elle a dévoilé l'étroite collaboration des ultras avec l'État, notamment le Président Aleksandar Vucic. À l'origine, Veljko Belivuk est issu des "United Force 87", le groupe ultra du Rad Beograd. Membre du clan mafieux monténégrin de Kavac, "Nevolja" est arrêté en février dernier dans les locaux du Partizan. Il est accusé de meurtres, actes de tortures, et trafic de drogue. L'armée de janissaires À la suite du décès de Brice Taton le 29

HORS-SERIE. Derrière l’Étoile Rouge, la main du Président Aleksandar Vucic

Jadis en Yougoslavie, aujourd'hui en Serbie, le football a toujours été une arme du pouvoir politique. La majorité des clubs serbes appartiennent à l'État et un homme symbolise ces liaisons dangereuses entre sport et pouvoir : le Président du pays, Aleksandar Vucic. Aleksandar Vucic féru de sport ? Ce n'est un secret pour personne en Serbie. Du haut de son mètre 99, le Président serbe a toujours fait du sport son fer de lance en politique. Très récemment, il a promis une prime d'un million d'euros aux joueurs de la sélection en cas de qualification à la Coupe du

Hors-série. Une ligue régionale est-elle souhaitable ?

LA VOLONTE DE DOUZE CLUBS DE CREER UNE SUPERLIGUE EUROPÉENNE A FAIT L'EFFET D'UNE BOMBE DANS LE MONDE DU FOOTBALL. IMPLICITEMENT, ELLE RELANCE L'IDÉE DE COMPETITIONS RÉGIONALES, DONT LE MONDE BALKANIQUE PARLE DEPUIS PLUSIEURS ANNEES. EST-CE REALISABLE, EST-CE SOUHAITABLE ? FUDBALSKI HRAM Y RÉPOND. « J’ai entendu dire que les Scandinaves, les Balkans et le Benelux, veulent faire une ligue. Ils veulent changer, parce que le football meurt ». Ces mots sont ceux de Florentino Perez, dans l’émission « El Chiringuito », il y a un mois, pour justifier la création d’une SuperLigue. Le président du Real Madrid fait fausse route : l’idée d’une

Les étoiles de l’Étoile Rouge : Generacija 1991

Il y a 30 ans jour pour jour, l'Étoile Rouge réalisait le plus grand exploit de son histoire. Le club serbe devenait la seconde équipe d'Europe de l'Est, après le Steaua Bucarest, à remporter la Ligue des champions. Récit d'un parcours devenu légendaire. L’Étoile Rouge Belgrade en 1990/1991, c’était une dream team, composée exclusivement de Yougoslaves, à l'exception de Miodrag Belodedici, Roumain d'origine Serbe. Sans LA star Dragan « Piksi » Stojkovic, parti une saison plus tôt à l’OM, mais avec d’autres joueurs talentueux. On peut notamment citer le pied gauche magique de Mihajlović, la rigueur de Jugović, et bien-sûr le talent

Dinamo Zagreb – Étoile Rouge Belgrade : le match des idées reçues

À l’occasion des 30 ans du tristement célèbre Dinamo – Zvezda, Fudbalski Hram ne pouvait pas rester insensible à la vague d’informations plus ou moins vraies véhiculées. Nous avons donc décidé de lister quelques faits, érigés en vérité, alors qu’ils sont bien souvent tronqués voir totalement faux.  1 - Ce match acte le début de la guerre En voilà une belle ! Pour certains « spécialistes », les guillemets sont de rigueur, ce match aurait été le déclencheur de la guerre serbo-croate. Une belle ineptie qu’il convient de déconstruire.  On a tendance à surestimer ce match pour plusieurs raisons. Premièrement, le Dinamo a

1999 : le football serbe face à l’agression de l’OTAN

Aucune autre activité que le football peut se prévaloir d’être une bouffée d’oxygène en temps de guerre. Ce fut le cas en Serbie, lors de l’opération « force alliée ». Un long raid mené en 1999 par les pays occidentaux, les États-Unis en fer de lance, pour empêcher un nettoyage ethnique sur les Albanais au Kosovo. Si on sait aujourd’hui, grâce notamment au travail de l’historien Jean-Arnault Dérens, qu’aucun génocide n’était planifié, la chose était moins évidente, à l'époque, pour « l’opinion publique ». Devant la diabolisation faites du peuple serbe, et les horreurs subies par les civils dans ces temps

Le cas Ivic : Ilija de l’eau dans le gaz

Ilija Ivic va donc être le premier joueur serbe à vêtir le maillot jaune et bleu de la sélection kosovare. Celui-ci évoluera en équipe U19. À Belgrade, l’annonce a fait l’effet d’une bombe. Qui est ce jeune footballeur, quelles sont les conséquences de sa décision et quelles sont les problématiques posées par ce choix controversé ?  Ilija Ivic à 16 ans. Il voit le jour à Pristina en 2003, une époque où la guerre se fait encore ressentir et où la pauvreté fait partie intégrante du quotidien au Kosovo. Pour Serbes et Albanais. Pas facile alors de percer dans le football

Kosovo – FK Trepca : le salut de Mitrovica nord

Si les recensements ethniques sont perpétuellement remis en cause, on estime à environ 12 000 le nombre de Serbes vivant à Mitrovica nord (Kosovo), sur les 80 000 habitants établis dans le district de « Kosovska Mitrovica ». Un déséquilibre démographique qui pousse au regroupement. De l’autre côté du pont, côté nord, les loisirs sont maigres, la pauvreté est prégnante et le manque de considération de Belgrade, flagrante.   Fondé en 1932, le FK Trepca est le club du Kosovo au passé le plus glorieux. Crée par des ouvriers de la « Trepca mines », il évolue régulièrement en seconde division yougoslave