HORS SÉRIE – GRAND FORMAT

HORS-SERIE. Criminels et État : liaisons dangereuses au Partizan

L'arrestation en février 2021 de Veljko Belivuk, alias Velja "Nevolja", a secoué toute la Serbie. D'une part, les liens entre crime organisé et tribunes serbes ont fait leur retour. D'autre part, elle a dévoilé l'étroite collaboration des ultras avec l'État, notamment le Président Aleksandar Vucic. À l'origine, Veljko Belivuk est issu des "United Force 87", le groupe ultra du Rad Beograd. Membre du clan mafieux monténégrin de Kavac, "Nevolja" est arrêté en février dernier dans les locaux du Partizan. Il est accusé de meurtres, actes de tortures, et trafic de drogue. L'armée de janissaires À la suite du décès de Brice Taton le 29

HORS-SERIE. Derrière l’Étoile Rouge, la main du Président Aleksandar Vucic

Jadis en Yougoslavie, aujourd'hui en Serbie, le football a toujours été une arme du pouvoir politique. La majorité des clubs serbes appartiennent à l'État et un homme symbolise ces liaisons dangereuses entre sport et pouvoir : le Président du pays, Aleksandar Vucic. Aleksandar Vucic féru de sport ? Ce n'est un secret pour personne en Serbie. Du haut de son mètre 99, le Président serbe a toujours fait du sport son fer de lance en politique. Très récemment, il a promis une prime d'un million d'euros aux joueurs de la sélection en cas de qualification à la Coupe du

Hors-série. Une ligue régionale est-elle souhaitable ?

LA VOLONTE DE DOUZE CLUBS DE CREER UNE SUPERLIGUE EUROPÉENNE A FAIT L'EFFET D'UNE BOMBE DANS LE MONDE DU FOOTBALL. IMPLICITEMENT, ELLE RELANCE L'IDÉE DE COMPETITIONS RÉGIONALES, DONT LE MONDE BALKANIQUE PARLE DEPUIS PLUSIEURS ANNEES. EST-CE REALISABLE, EST-CE SOUHAITABLE ? FUDBALSKI HRAM Y RÉPOND. « J’ai entendu dire que les Scandinaves, les Balkans et le Benelux, veulent faire une ligue. Ils veulent changer, parce que le football meurt ». Ces mots sont ceux de Florentino Perez, dans l’émission « El Chiringuito », il y a un mois, pour justifier la création d’une SuperLigue. Le président du Real Madrid fait fausse route : l’idée d’une

Les étoiles de l’Étoile Rouge : Generacija 1991

Il y a 30 ans jour pour jour, l'Étoile Rouge réalisait le plus grand exploit de son histoire. Le club serbe devenait la seconde équipe d'Europe de l'Est, après le Steaua Bucarest, à remporter la Ligue des champions. Récit d'un parcours devenu légendaire. L’Étoile Rouge Belgrade en 1990/1991, c’était une dream team, composée exclusivement de Yougoslaves, à l'exception de Miodrag Belodedici, Roumain d'origine Serbe. Sans LA star Dragan « Piksi » Stojkovic, parti une saison plus tôt à l’OM, mais avec d’autres joueurs talentueux. On peut notamment citer le pied gauche magique de Mihajlović, la rigueur de Jugović, et bien-sûr le talent

Dinamo Zagreb – Étoile Rouge Belgrade : le match des idées reçues

À l’occasion des 30 ans du tristement célèbre Dinamo – Zvezda, Fudbalski Hram ne pouvait pas rester insensible à la vague d’informations plus ou moins vraies véhiculées. Nous avons donc décidé de lister quelques faits, érigés en vérité, alors qu’ils sont bien souvent tronqués voir totalement faux.  1 - Ce match acte le début de la guerre En voilà une belle ! Pour certains « spécialistes », les guillemets sont de rigueur, ce match aurait été le déclencheur de la guerre serbo-croate. Une belle ineptie qu’il convient de déconstruire.  On a tendance à surestimer ce match pour plusieurs raisons. Premièrement, le Dinamo a

1999 : le football serbe face à l’agression de l’OTAN

Aucune autre activité que le football peut se prévaloir d’être une bouffée d’oxygène en temps de guerre. Ce fut le cas en Serbie, lors de l’opération « force alliée ». Un long raid mené en 1999 par les pays occidentaux, les États-Unis en fer de lance, pour empêcher un nettoyage ethnique sur les Albanais au Kosovo. Si on sait aujourd’hui, grâce notamment au travail de l’historien Jean-Arnault Dérens, qu’aucun génocide n’était planifié, la chose était moins évidente, à l'époque, pour « l’opinion publique ». Devant la diabolisation faites du peuple serbe, et les horreurs subies par les civils dans ces temps

Le cas Ivic : Ilija de l’eau dans le gaz

Ilija Ivic va donc être le premier joueur serbe à vêtir le maillot jaune et bleu de la sélection kosovare. Celui-ci évoluera en équipe U19. À Belgrade, l’annonce a fait l’effet d’une bombe. Qui est ce jeune footballeur, quelles sont les conséquences de sa décision et quelles sont les problématiques posées par ce choix controversé ?  Ilija Ivic à 16 ans. Il voit le jour à Pristina en 2003, une époque où la guerre se fait encore ressentir et où la pauvreté fait partie intégrante du quotidien au Kosovo. Pour Serbes et Albanais. Pas facile alors de percer dans le football

Kosovo – FK Trepca : le salut de Mitrovica nord

Si les recensements ethniques sont perpétuellement remis en cause, on estime à environ 12 000 le nombre de Serbes vivant à Mitrovica nord (Kosovo), sur les 80 000 habitants établis dans le district de « Kosovska Mitrovica ». Un déséquilibre démographique qui pousse au regroupement. De l’autre côté du pont, côté nord, les loisirs sont maigres, la pauvreté est prégnante et le manque de considération de Belgrade, flagrante.   Fondé en 1932, le FK Trepca est le club du Kosovo au passé le plus glorieux. Crée par des ouvriers de la « Trepca mines », il évolue régulièrement en seconde division yougoslave

Coupe du monde 1990 : la dernière Yougoslavie

À l’intersection entre deux générations talentueuses, la république socialiste a les armes pour réaliser un parcours honorable. Toutefois, un contexte politique pesant va ajouter de la pression à une sélection qui s’apprête, sans le savoir, à disputer sa dernière compétition internationale. Ce ne sont plus 23 Yougoslaves, mais des Bosniaques, Croates, Slovènes, Macédoniens, Serbes et Monténégrins, arrivant en ordre dispersé, qui vont cohabiter ensemble pendant un long mois.  Le 3 juin 1990, la sélection yougoslave reçoit les Pays-Bas dans le stade Maksimir de Zagreb. Au moment des hymnes, le « Hej, Slaveni ! » est conspué et les joueurs sont insultés. Le

Nikola Zigic, l’unique « grantatakan »

Son physique de colosse laisse à penser qu’il avait un bel avenir en défense. C’est pourtant sur le front de l’attaque que Nikola Zigic a décidé de s’installer. Le natif de Backa Topola a réussi, par son style, à marquer les clubs par où il est passé, même quand il fut dans la difficulté. Son père était footballeur. Sa mère était basketteuse. C’est donc tout naturellement que le fils a consacré sa vie au sport. Il choisit d’embrasser la passion du paternel, et de fouler les pelouses. Pourtant, peu de gens croyaient en lui. Déjà grand, il ne semblait pas avoir