Deuxième volet de présentation des 26 serbes sélectionnés pour la Coupe du monde 2022. Place maintenant aux milieux de terrain, qui ne manquent pas de qualités.

Sergej Milinkovic-Savic

  • Son parcours : Formé à Vojvodina Novi Sad, il s’envole rapidement au KRC Genk. Après seulement une saison en Belgique, il rejoint la Lazio en Serie A. Là-bas, il se révèle réellement aux yeux de la planète football et devient le top joueur qu’on connait aujourd’hui.
  • Son rôle en sélection : S’il lui a fallu du temps pour atteindre son niveau affiché à la Lazio avec la Serbie, il est maintenant incontournable. Il dicte le tempo de l’équipe, oriente le jeu et crée des occasions. Capable d’être dangereux aux abords de la surface et de défendre solidement lorsque son équipe n’a pas le ballon, il est un milieu ultra-complet très précieux dans le système de Dragan Stojkovic.
  • Points forts : Sa polyvalence et ses qualités, comme expliqué précédemment. Ajoutez à cela un physique imposant, il est difficile de le bouger car il est en plus de cela solide sur ses appuis. Bon dans le jeu aérien également. C’est un danger à chaque instant, qu’importe la phase de jeu.
  • Points faibles : Trop fort.

Ivan Ilic

  • Son parcours : Il a commencé le football au Real Nis avant de rejoindre les jeunes de l’Étoile Rouge. Acheté par Manchester City, il a ensuite été prêté au FK Zemun et au NAC Breda, du côté des Pays-Bas. Après des prestations convaincantes, l’Hellas Vérone l’a attiré en prêt avant de s’offrir définitivement le joueur en aout 2021, contre 7, 5 millions d’euros.
  • Son rôle en sélection : Avec seulement cinq petites capes, il n’a pas vraiment eu l’occasion de se faire une place, d’autant plus que la concurrence est forte. Sa récente prestation contre la Norvège pourrait changer la donne, car il nous a montré qu’il a le niveau pour être titulaire. En revanche, il reste toujours troisième ou quatrième dans la hiérarchie, derrière SMS, Lukic et même Gudelj.
  • Points forts : En plus de sa précocité, on peut noter son élégance balle au pied, sa technique soyeuse, ses bons déplacements et sa bonne vision du jeu, qui l’aide à trouver ses coéquipiers et à prendre les bonnes décisions sur le terrain. Possédant un tempérament de leader, il n’hésite pas aussi à remobiliser ses coéquipiers et à donner de la voix quand il le faut, ce qui est à souligner.
  • Points faibles : Il doit s’épaissir physiquement et intensifier son travail défensif. Son jeu de passes peut parfois se révéler perfectible, bien que ce soit exclusivement sur les transmissions à longue distance. Il est encore jeune et ne peut que progresser.

Nemanja Gudelj

  • Son parcours : Né à Belgrade, il est formé au NAC Breda suite à la présence de son père au club, où il découvre le monde professionnel. Ses bonnes performances l’emmènent du côté de l’AZ Alkmaar, puis de l’Ajax Amsterdam. Étonnamment, il quitte les Pays-Bas pour la Chine, à seulement 25 ans. Il joue pour Tianjin Jinmen Tiger puis Guangzhou Evergrande, avant de revenir en Europe à l’été 2018. Il est en effet prêté une saison au Sporting Portugal, avant de signer en juillet 2019 pour le FC Séville.
  • Son rôle en sélection : Important sous Piksi, il semble cependant perdre de la place dans la hiérarchie depuis sa première mi-temps catastrophique à Lisbonne il y a un an. La faute également à un Sasa Lukic performant et à un système qui fonctionne bien. Précieux sur le plan défensif, il l’est également dans la construction du jeu. Ses bonnes prestations en club font de lui un candidat sérieux pour une place de titulaire, même si Lukic semble tout de même avoir une longueur d’avance.
  • Points forts : Joueur très professionnel, qui fait tout ce qui est possible pour réussir depuis le début de sa carrière, il est irréprochable humainement. Sur le terrain, il est très polyvalent, pouvant jouer aussi bien en 8 qu’en défenseur central, milieu défensif étant son poste principal. Il a donc les principales qualités nécessaires pour ces rôles : tacles, passes et technique. Ajoutez à cela une bonne qualité de frappe, qu’il nous a montré récemment par deux fois. Il semble se bonifier avec l’âge.
  • Points faibles : Sa technique n’est pas ce qu’il se fait de mieux actuellement. Elle est suffisante pour ses différents rôles, mais sans plus. Il est aussi assez lent, ne comptez pas sur lui pour concurrencer Nemanja Radonjic au sprint.

Nemanja Maksimovic

  • Son parcours : Formé à l’Étoile Rouge, qui ne lui fait pas vraiment confiance, il part très tôt à l’étranger, chez les jeunes de l’Hellas Vérone. Seulement quelques mois après, en septembre 2013, il signe à Domzale, en Slovénie. Il fait ses débuts chez les pros où il se fait un nom en à peine un an et demi. Il s’envole ensuite au Kazakhstan car l’ambitieuse équipe d’Astana le recrute pour 2 millions d’euros. Après presque trois années bien remplies, il retourne en Europe, Valence s’attache ses services. En juillet 2018, il signe à Getafe contre 10 millions d’euros, son club actuel.
  • Son rôle en sélection : Immense avec les jeunes, celui qui a offert le titre à la Serbie lors du mondial U-20 en 2015 a perdu sa place de titulaire avec l’arrivée de Piksi. La faute à un changement de système et aux performances de ses concurrents. Il semble cinquième voire sixième dans la hiérarchie, bien qu’il soit très souvent convainquant lorsqu’il joue.
  • Points forts : Milieu à vocation défensive, son anticipation est l’une de ses principales forces. Elle lui permet de réaliser de (très) nombreuses interceptions, lui qui est parmi les meilleurs dans ce domaine en Liga. Avec une VMA au-dessus du lot, il couvre une large surface sur le terrain et il n’est pas étonnant de le voir partout, principalement lorsque l’adversaire a le ballon. Premier élément devant la défense, il oriente bien le jeu et participe à sa construction.
  • Points faibles : Il ne progresse plus, alors qu’il avait un potentiel monstre. La faute sans doute au fait qu’il soit toujours à Getafe et joue le maintien chaque saison. Il aurait dû changer de club cet été, il y a un an ou même deux, pour passer un nouveau pallier et prendre une nouvelle dimension. Ce qui semble aujourd’hui compliqué. De plus, son jeu de passes peut parfois se révéler téléphoné. Il n’est pas rare de le voir perdre des ballons.

Sasa Lukic

  • Son parcours : Pur produit du Partizan, c’est là qu’il se révèle. S’il n’est pas un élément incontournable de l’équipe, son potentiel pousse le Torino, alors entraîné par Sinisa Mihailovic, à le recruter contre 1,70 millions d’euros en juillet 2016. Il met du temps à se faire une place dans l’effectif italien, étant même prêté à Levante en 2017-2018. Il faut en effet attendre l’exercice dernier pour le voir prendre une nouvelle dimension et devenir le joueur qu’on connait actuellement.
  • Son rôle en sélection : Associé aux côtés de Sergej Milinkovic-Savic au milieu de terrain, il contrôle l’entrejeu. Il fait souvent le travail de l’ombre, récupère des ballons et contrôle bien le jeu. Ces deux phrases ne résument pas l’importance qu’il a dans le XI de Piksi, car c’est un maillon essentiel. Comme son collègue de la Lazio, il sait tout faire et le fait bien.
  • Points forts : Son jeu de passe est excellent, tout comme sa technique. Il est physique, bon de la tête et sait tirer quand il le faut. C’est aussi un bon tireur de pénaltys. Il fait bien le travail défensif. C’est probablement un des milieux de terrain de Serie A le plus sous-coté, si ce n’est le plus. Il doit changer de club car il est entré dans une nouvelle catégorie.
  • Points faibles : Il n’est pas très rapide, c’est à peu près tout.

Filip Kostic

  • Son parcours : Formé au Radnicki Kragujevac, il signe aux Pays-Bas à Groningen après deux saisons, en 2012. Là-bas, il se développe bien, tout comme à Stuttgart qu’il rejoint en 2014. Direction Hambourg en 2016, en difficulté sur le plan sportif. Il explose ensuite à l’Eintracht Frankfurt, pour qui il dispute 172 matchs, marque 33 buts et distribue 64 passes décisives. Ce qui lui permet de rejoindre la Juventus l’été dernier.
  • Son rôle en sélection : Positionné sur le flan gauche, il est important lors des contres grâce à sa vitesse. Mais aussi lors des phases offensives, il arrive à se démarquer et à adresser des centres pour ses coéquipiers. C’est dans ce rôle qu’il a excellé à Frankfurt, Piksi l’a bien compris.
  • Points forts : Tout le monde a remarqué que ses centres étaient sa principale arme. Avec son pied gauche, il est un des meilleurs centreurs et passeurs du moment, en témoignent son nombre de passes décisives. Sa pointe de vitesse est aussi un atout, tout comme sa technique, il est difficile de lui prendre le ballon. Il arrive à faire briller ses coéquipiers, comme Luka Jovic ou André Silva en club à l’époque. C’est un joueur qui travaille dur pour réussir.
  • Points faibles : Il peut parfois faire « trop » de centres, ce qui stéréotype son jeu et facilite le travail des défenseurs adverses. Il a aussi tendance à s’effacer lors de certains matchs, ce qui est le cas avec la Serbie où il a mis beaucoup de temps avant de donner satisfaction.

Darko Lazovic

  • Son parcours : Révélé au Borac Cacak, l’Étoile Rouge le recrute pour 472 000 euros en juillet 2009. Chez les rouges et blancs, il devient un joueur incontournable et le plus prometteur de l’effectif. Cependant, des blessures viennent freiner sa progression. Après six ans entre la Save et le Danube, il rejoint Genoa, où il met du temps avant de devenir titulaire indiscutable. Après une saison 2018-2019 de haut vol, il rejoint l’Hellas Vérone où il est dès son arrivée devenu un cadre.
  • Son rôle en sélection : Pouvant évoluer sur le côté gauche comme le droit, c’est plus sur ce dernier qu’il est positionné avec Dragan Stojkovic. Plus à l’aise défensivement que Filip Kostic, qui est lui plus axé sur l’attaque, il est bien présent sur les phases offensives, pour soutenir ses coéquipiers et créer des solutions. Dans un rôle de piston, il parcoure beaucoup de kilomètres et n’est pas avare en efforts. Il alterne titularisations et entrées en jeu.
  • Points forts : Comme dit précédemment, il fait beaucoup d’efforts et est très important dans un collectif. De plus, ses qualités techniques sont certaines. Il est très juste balle aux pieds. Ambidextre, même si son pied fort est le droit, ses centres sont souvent réussis. Il est à l’aise dans les petits espaces malgré sa taille (1m81). En plus d’être rapide, il a un bon sens du placement et une bonne lecture du jeu. Il se place sur la ligne offensive afin d’apporter le surnombre et pour écarter le bloc, libérant ainsi des espaces pour ses partenaires.
  • Points faibles : Son jeu de tête est défaillant, avec une mauvaise détente aérienne également. Il manque d’explosivité, car s’il est rapide et technique, il manque le coup de reins qui fait parfois la différence. Ce n’est pas Nemanja Radonjic.

Marko Grujic

  • Son parcours : Formé à l’Étoile Rouge, il fait très grosse impression pour ses débuts chez les professionnels. À tel point que Liverpool dépense 7 millions d’euros pour s’attacher ses services en 2016. La concurrence étant immense, il est prêté à Cardiff et au Herta Berlin, où il devient titulaire et important. Malgré ces bonnes prestations, il est toujours difficile pour lui de se faire une réelle place dans l’effectif des Reds. Direction alors Porto, d’abord en prêt puis définitvement contre 9 millions d’euros.
  • Son rôle en sélection : Incontournable avec les jeunes, il l’est beaucoup moins avec les pros. Loin dans la hiérarchie, il dispute peu de matchs depuis l’arrivée de Dragan Stojkovic. Mais habitué aux rassemblement, il connait bien le groupe avec qui il s’entend à merveille. Ses rares prestations sont généralement convaincantes.
  • Points forts : Polyvalent, il peut aussi bien jouer milieu défensif que milieu offensif. Grand de taille, il est difficile à bouger balle aux pieds. Son jeu de passe est bon. Il possède également une belle frappe de balle et une technique propre.
  • Points faibles : Il n’excelle pas dans les domaines cités précédemment. Ce n’est pas non plus le meilleur tacleur, ni le plus rapide de l’effectif. Peu décisif, son temps de jeu est limité en club.

Andrija Zivkovic

  • Son parcours : Nouveau « Messi serbe » au Partizan, il impressionnait tout le monde par sa technique hors norme et ses prestations. Mais des conflits avec sa direction freine sa progression puisqu’il ne joue plus pendant quelques mois. Benfica récupère le joyau à l’été 2016, où il montre en puissance progressivement. Malheureusement, il perd progressivement sa place pour cause de blessures et de conflits avec sa direction au sujet de son contrat. Il rebondit en septembre 2020 au PAOK, où il est devenu un cadre et probablement le meilleur joueur.
  • Son rôle en sélection : Tombé un peu dans l’oubli suite à son manque de temps de jeu au Portugal et ses blessures, il revient en force dans le XI. Positionné sur le côté droit, il apporte de la percussion sur l’aile. Techniquement à l’aise, il fait des différences en éliminant ses adversaires et en adressant des ballons pour ses coéquipiers, par des centres ou passes courtes. C’est un profil précieux, sur qui compte Dragan Stojkovic.
  • Points forts : On le répète une dernière fois, il est très à l’aise balle aux pieds, c’est le genre de joueur qu’on aime regarder. Très bon passeur d’une manière générale, ses centres sont souvent bons, tout comme sa vista. Son activité offensive est incessante, c’est une véritable pile électrique.
  • Points faible : Sa contribution défensive laisse parfois à désirer, il doit travailler ce point. Il a tendance à se compliquer la tâche, préférant s’enfermer alors que des solutions plus simples s’offraient à lui. Il devrait également changer de club et aller dans un championnat plus huppé pour passer un pallier. Car même s’il a quelque chose de plus que les autres, on sent qu’il joue dans le championnat grec et au PAOK (avec tout le respect qu’on a pour ces derniers). Tandis que ses coéquipiers sont quasiment tous titulaires dans des équipes du top 4 européen.

Uros Racic

  • Son parcours : Formé à l’OFK Belgrade puis à l’Étoile Rouge, il montre un potentiel certain malgré des prestations parfois brouillonnes. Valence le recrute pour 2,2 millions d’euros en juillet 2018. Comme Marko Grujic, il a peu de temps de jeu et est prêté à Tenerife, en seconde division espagnole puis à Famalicao, en première division portugaise. Ce dernier est une totale réussite, il revient au bord de la Méditerranée renforcé et ça se voit, il devient un joueur important de l’équipe lors de la saison 2020-2021. Mais la satisfaction est de courte durée, puisqu’il perd progressivement sa place dans le XI de départ. Il a rejoint Braga pour un nouveau prêt (avec option d’achat) cet été, qui n’est pas concluant pour l’instant.
  • Son rôle en sélection : C’est un joueur de rotation. Piksi le fait souvent rentrer pour les 15-20 dernières minutes d’un match, dans un rôle de milieu défensif (naturel) et de huit. S’il est peu convaincant lors de ses entrées, son sélectionneur lui fait confiance.
  • Points forts : Il est peu lent malgré son gabarit (193 cm), ce dernier lui permet d’être puissant physiquement. Il a lui aussi une bonne frappe de balle et une belle qualité de passe. Sa vision du jeu est bonne.
  • Points faibles : C’est un joueur (trop) irrégulier, ce qui est peut-être la raison de son relatif échec à Valence et de ses difficultés à Braga. Dès fois il ne projette pas assez, d’autres sa défense laisse à désirer, tout comme ses passes … ce qui devient vite problématique pour quelqu’un au cœur du jeu. Son jeu de tête n’est pas le meilleur malgré sa taille. Si son image sur les réseaux sociaux est très soignée, il a encore beaucoup de travail sur le rectangle vert !

Crédits photo de présentation : Srdjan Stevanovic / Starsport

Laisser un commentaire