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  • Milos Krasic est un joueur facilement reconnaissable, sa crinière blonde attire tous les regards, mais c’est d’abord son talent qui a fait jaser. Au moment de faire son trou en occident, l’ailier droit a connu toutes les peines du monde à confirmer.

C’est à Vojvodina que Milos Krasic fait ses classes. L’enfant que Kosovska Mitrovica passe trois saisons en Serbie, avant d’être repéré par le CSKA Moscou. En janvier 2004, les deux clubs sont en négociations, mais le transfert capote. Ce qui n’a pas manqué d’agacer le serbe. « Je ne suis pas un clochard ! » avait assené « la belle » à l’époque. La déception est de courte durée : la Russie accueille Krasic l’été qui suit.

Krasic ne tarde pas à s’imposer à Moscou. Encadré par le Croate Ivica Olic, et le Bosniaque Elvir Rahimic, le jeune blond s’adapte très vite au sein du CSKA. Dès sa seconde saison (ndlr : la Premier Liga se déroulait sur une année calendaire), il remporte la Coupe UEFA en 2005, sous les ordres de Valeri Gazzaev.

Légende du CSKA Moscou

Tantôt milieu offensif, tantôt ailier droit, il éclabousse le championnat russe de son talent. Son mètre quatre-vingt cinq cache un joueur dynamique, adroit balle au pied et capable de mettre de grosses frappes. « Quand je repense à Krasic, je pense à sa vitesse, la qualité de ses débordements. En plus, il était tellement puissant physiquement que personne ne s’attendait à voir une telle vivacité balle au pied », se souvient Xavier, CM de @FootRusse et @CskaMoscou_Fr.

« Krasic a marqué le championnat russe, et l’histoire du CSKA »

Xavier de @FootRusse

En six saisons au CSKA, Milos Krasic prend part à 230 matchs, inscrit 30 matchs et délivré 34 passes décisives. Remportant une Coupe de l’UEFA (2005), deux Premier Liga (2005, 2006) et quatre coupes de Russie (2005, 2006, 2008, 2009), il a marqué toute une génération de supporters. « Il peut avoir sa place dans le XI de légende depuis la fin de l’ère soviétique », estime Xavier. La saison 2009-2010 est le point culminant de sa carrière. Auteur de quatre réalisations dans une campagne de Ligue des Champions, stoppée en quarts de finale par l’Inter Milan, Krasic dispute la Coupe du Monde 2010 avec la Serbie. Il est d’ailleurs l’un des artisans principaux de la qualifications des Orlovi sous les ordres de Radomir Antic. (deux buts et six passes décisives en qualifications)

« Le nouveau Nedved »

Au sortir du Mondial 2010, Milos Krasic est recruté par la Juventus Turin contre 15 millions d’euros. Une somme loin d’être anodine pour l’époque, d’autant plus qu’il est le deuxième joueur le plus cher de la Juve lors de ce mercato, derrière Leonardo Bonucci. La comparaison est alors toute trouvée pour les médias italiens, qui voient en lui « le nouveau Pavel Nedved ». Quoi de mieux qu’un peu de pression avant d’arriver dans un club en reconstruction. « Au moment de sa venue, la Juve a beaucoup de mal en Serie A et termine 7e au terme de la saison précédente. C’est le début du renouveau de la Vieille Dame, avec l’arrivée de Luigi Del Neri comme entraîneur. Andrea Agnelli prend la présidence, accompagné du directeur sportif Giuseppe Marotta », précise Romain de @FrSerieA.

Dès ses débuts, il marque les esprits. Lors de la 5e journée, il inscrit un triplé contre Cagliari (ndlr : victoire 4-2 de la Juve). Puis, lors de la 16ème journée, il plante un but dans les arrêts de jeu pour permettre aux « Bianconeri » d’arracher une victoire contre la Lazio. Deux coups d’éclats qui constituent ses seuls faits d’armes en Italie. En effet, après une triste 7e place en championnat, Antonio Conte remplace Del Neri la saison qui suit. C’est le début de la fin pour le Serbe. « Conte met Krasic sur le banc, lui préférant Simone Pepe. Il met en place petit à petit son 3-5-2, un système où Conte ne considère pas Krasic comme une solution viable, car les ailiers doivent énormément défendre », analyse Romain. Moralité : Krasic ne dispute que 9 matchs et n’inscrit qu’un seul but. Invaincue, la Juventus remporte son premier Scudetto depuis 2003. Un succès longtemps attendu par les supporters, dans lequel l’ailier droit a peu compté. De sa comparaison avec Nedved, il ne reste que les cheveux.

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Comment expliquer un tel décalage entre ses performances au CSKA et celles à la Juventus? En octobre 2016, l’intéressé est revenu sur sa période transalpine pour la « Gazzetta Dello Sport ». « Le changement de système m’a pénalisé. Et puis sont arrivés des joueurs d’un niveau supérieur : une équipe avec Pirlo, Vidal et d’autres top joueurs, c’était peut-être trop pour moi. J’ai manqué de chance, peut-être de caractère. Je n’ai pas eu assez d’ambitions pour percer « .

Pour Romain, la marche était tout simplement trop haute. « Je ne pense pas qu’il avait l’étoffe d’être le joueur de cette Juve. Il avait ni les épaules pour porter cette Juve, ni le mental pour performer », affirme-t-il. Après cet échec, Milos Krasic poursuit son métier dans l’anonymat. Passé par Fenerbahce, Bastia et le Lechia Gdansk, il finit par prendre sa retraite en 2019. De sa carrière, il reste un goût d’inachevé, pour celui qui avait tout pour s’imposer dans un des 5 grands championnats.

By Bojan Stanojevic

Fou du Partizan, dans tous les sens du terme. Redevenu amoureux des aigles blancs grâce à Aleksandar Mitrović.

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