Héros de tout un pays, lorsqu’il remporte la Coupe du Monde U20 en 2015 avec la Serbie, Paunovic cherche à se lancer en club. Après une première expérience compliquée aux Chicago Fire, il a signé à Reading, où il se classe pour l’instant sixième, après un début de saison canon.

« On ne devient pas footballeur dans un café ! Dans le football, en plus du talent, il est essentiel d’avoir quelqu’un qui dirigera ce talent. J’aime voir de telles personnes, travailleuses et professionnelles ». Ces mots, ce sont ceux de Blagoje Paunovic pour « Crno-Bela Nostalgija ». Considéré comme l’un des meilleurs défenseurs centraux yougoslaves, il joua plus de 10 ans sous le maillot « crno-beli ». Véritable légende du Partizan, il fut vice-champion d’Europe en 1968 avec la Yougoslavie.

Une histoire de famille

Cette passion du football, il l’a transmis à son fils, Veljko. « On parlait tout le temps de football ensemble. Au petit déjeuner, au déjeuner et au dîner », raconte ce dernier pour « The Coaches Voice ». S’il il est devenu un travailleur acharné, ce n’est pas pour rien. « Mon père ne demandait qu’une chose de moi : courir comme un cheval sur le terrain, et manger comme un cheval en dehors », affirme-t-il pour « The Coaches Voice ».

Blagoje fut son mentor, l’homme qui l’aiguilla et le conseilla dans tous ses choix. Malheureusement, il décède en 2014 à l’âge de 68 ans. C’est avec beaucoup d’émotions que six mois plus tard, en remportant la Coupe du Monde U20 avec la Serbie, qu’il pointa un doigt vers le ciel. Une façon de rendre hommage à son modèle. « Mon père avait espéré, qu’un jour, je puisse ressentir ce qu’il a ressenti par le passé. C’est dommage qu’il n’ait pu vivre cela avec moi », avait-il déclaré pour « The Coaches Voice ».

Nous serons Champions du Monde

En 2012, Veljko Paunovic débute son travail avec les sélections de jeunes serbes. Au fil des années, les talents qu’il dirige deviennent titulaires dans leurs clubs respectifs. « Pour moi, c’était comme travailler avec des professionnels. C’était aussi un projet à long terme qui m’a permis de développer des idées et mon style en tant que manager », se félicite le technicien pour « The Coaches Voice ». Lorsqu’il dirige les U20, il met en place un 4-2-3-1 qui pose comme principe premier la conservation du ballon.

En 2014, il est sur le banc lors de l’Euro U19. Les « Orlici » sont éliminés en demi-finale, après une séance de tirs aux buts face au Portugal. « Nous avons tous pleurés dans le vestiaire, mais cela nous a endurcis et unis », souligne Paunovic pour « Mozzart Sport ». Un événement qui a préparé la Serbie à la Coupe du Monde U20 à venir.

Cette aventure en Nouvelle-Zélande débute mal, avec une contre-performance face à l’Uruguay. « J’ai dit aux joueurs ce que je ressentais, que nous serions Champions du Monde », raconte Paunovic pour « Mozzart Sport » quelques mois après le sacre mondial. Émmenés par Milinkovic-Savic, Rajkovic et Zivkovic, les espoirs vont montrer beaucoup de caractère, avec ce but commun. Ce dépassement de soi leur permet de battre la Hongrie après prolongations, les États-Unis au terme d’une séance de tirs aux buts haletante, puis le Mali en demi. En finale, Nemanja Maksimovic inscrit le but victorieux à la 118ème minute, pour s’adjuger la seconde Coupe du Monde U20 de son histoire (NDLR : après 1987, du temps de la Yougoslavie). Ce succès fut attribué à Paunovic, qui réussit à galvaniser son groupe, et à le faire progresser. « Le sélectionneur est un grand motivateur », déclare Sergej Milinkovic-Savic, à son retour au pays. 

©EPA

Une première expérience en club mitigée

Alors que le poste de sélectionneur semblait lui tendre les bras, Veljko Paunovic prendr la direction de la MLS, pour diriger les Chicago Fire à partir de novembre 2015. Cette expérience fut difficile pour le technicien serbe, qui a eu du mal à trouver la bonne formule. En témoigne sa moyenne de 1,67 points par match. « Malgré quelques bons éléments dans son effectif, il a été incapable d’en faire un collectif pour gagner certains matchs pourtant à leur portée », décrit « MLS en Français ». Il réussit néanmoins à créer l’exploit en 2017. Les Chicago Fire parviennent à décrocher une place en play-offs, en finissant 3ème de la saison régulière. L’entraîneur a pu compter sur Nemanja Nikolics, auteur de 24 buts. Malheureusement, le club de l’Illinois s’est fait battre sèchement par le New York Red Bulls au premier tour (4-0).

À sa décharge, le coach serbe a exercé dans un club moyen, loin des standards de la Major League Soccer. « Il est arrivé dans un club avec peu de structures, pas de centre de formation et des résultats déjà compliqués avant son arrivée. Disons qu’il n’a rien apporté, ni changé. Comme première expérience en club, la marche était trop haute pour lui. Peut-être qu’il voyait trop grand dans un club mal structuré. Du coup ça n’a pas matché », analyse « MLS en Français ». Capitalisant sur sa saison 2017 réussie, il se maintient en poste jusqu’en 2019, date où il est licencié. Un soulagement pour des supporters, qui attendaient des résultats.

©Chicago Fire

Reading comme tremplin ?

Après ce passage contrasté Outre-Atlantique, Paunovic signe au Reading FC le 29 août dernier. Évoluant en Championship, le club a connu un dernier exercice compliqué. Il a fallu l’intervention du directeur sportif Mark Bowen pour se maintenir, et finir 14ème à l’issue de la saison. Il a quitté ses fonctions quelques temps après l’arrivée du nouvel entraîneur. 

« Bowen a réussi à maintenir le club à flot, cependant il n’y avait pas vraiment une idée claire sur le jeu prôné. Tu sentais qu’il n’y avait pas de ligne directrice , estime « FR-EFL Championship ». Il y avait de la marge pour essayer de travailler un peu mieux avec son effectif, de se trouver une identité qui colle bien aux joueurs à disposition, c’est là qu’il a échoué ». 

Dès lors, la mission de Paunovic semble claire : « Il faut qu’une identité soit collée à cette équipe. Ce sera probablement le défi majeur Veljko Paunovic, peu importe les résultats du club en début de saison. Il doit aussi savoir tirer le maximum du potentiel de son effectif ».

Cette mission est loin d’être évidente à accomplir. En effet, Reading est sur la pente descendante. Relégué de Premier League en 2013, les « Royals » sont parvenus à décrocher une finale de play-offs en 2017. S’en suit une période de crise, où le club a joué le maintien deux fois de suite. Un bilan qui contraste avec l’objectif des dirigeants. 

« L’ambition du propriétaire, c’est clairement l’accession à la Premier League. Sauf que c’est un club extrêmement mal géré. Pour donner un exemple, la masse salariale du club est plus élevée que celle de l’Atalanta en 2018/2019. Sur le long terme, la politique du club n’est vraiment pas viable ». 

Paunovic va donc devoir trouver rapidement une identité de jeu, tout en obtenant des résultats pour assurer la pérennité de Reading. En somme, il devra réussir là où il a échoué à Chicago. Pour cela, il pourra compter sur quelques jeunes joueurs prometteurs : le latéral droit Gabriel Osho, le défenseur écossais Tom McIntyre, et surtout le milieu français Michael Olise, très en vue la saison passée. Quand on connaît son amour pour le travail avec les jeunes, cela peut s’avérer prometteur.

Pour « FR-EFL Championship », optimiste avec ce changement de coach, « le championnat est assez homogène. On risque de trouver dans la lutte pour la Premier League des équipes qui n’y étaient pas programmées. Reading devrait accélérer les prochaines semaines dans les dossiers du mercato. Et puis, si Jokanovic peut lui filer deux ou trois conseils, ce serait pas mal ». Des conseils qui seraient bien utiles si Paunovic veut marcher dans ses pas, et enfin décoller en club.

Après sept victoires et un match nul, Reading marque le pas. Les hommes de Paunovic, premier après huit matchs, se classent après 12 journée à la sixième place.

By Bojan Stanojevic

Fou du Partizan, dans tous les sens du terme. Redevenu amoureux des aigles blancs grâce à Aleksandar Mitrović.

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