Loin des strass et paillettes des deux grands clubs belgradois, Cukaricki s’est imposé en peu de temps comme un élément incontournable de notre bonne vieille SuperLiga. Peu réputé hors des frontières serbes, hormis pour les « aficionados » de Football Manager, présentation de la formation la plus saine du pays. 

L’année 2011 marque un tournant pour Cukaricki. Évoluant alors en PrvaLiga, la seconde division, le club fondé en 1926 connait des grosses difficultés financières et est proche de faire faillite. Équipe belgradoise peu populaire et sans histoire majeure, Cukaricki va devenir un modèle de réussite en quelques années .

En 2011, l’entreprise locale ADOC, dirigée par Dragan Obradovic, décide de racheter le club après le lancement d’un appel d’offres. Ce rachat, aussi anodin qu’il puisse paraître, est historique : jamais une équipe de football serbe n’avait été privatisée jusqu’alors.

L’insolvabilité comme point de départ

Le nouvel investisseur n’attend pas longtemps pour agir. Après avoir résorbé une grosse partie de la dette, des travaux sont entrepris pour améliorer les installations existantes. Les « Brdjani » évoluent dans le stade de « Banovo Brdo » d’une capacité d’environ 7000 places. Ils possèdent également deux terrains synthétiques, souvent utilisés pour les équipes de jeunes. Ces investissements, pour développer la formation, sont au centre du nouveau projet. Ce travail colossal amène Cukaricki à tutoyer les sommets. La formation remonte en SuperLiga en 2013. 

©FK Cukaricki

Pour attirer des talents, une solution intéressante a été trouvée. Cukaricki ne demande aucun frais d’inscription ! Un exemple comme il en existe peu dans le football prôné par le président Obradovic, pour attirer davantage d’espoirs. Un récent rapport de l’Observatoire du Football note que les Belgradois, ont l’équipe avec le plus de jeunes titulaires en Serbie sur la saison 2019/2020. Avec 40,7 % de temps de jeu pour les joueurs de moins de 22 ans.


Une politique sportive saine 


Aujourd’hui directeur technique de la Fédération Serbe de Football, Vladimir Matijasevic a été le principal artisan de la progression fulgurante des « Brdjani ». En effet, il a mis en place un recrutement à moindre coût. Les arrivants débarquaient libres, et donc, sans indemnité de transfert à payer. Un mélange entre des joueurs expérimentés et de la post-formation, afin de faire progresser les recrues en vue d’une revente. Ce cocktail a porté ses fruits sur le plan économique, puisque 6,4 millions d’euros ont été gagnés grâce à ses transferts depuis la reprise en 2011. Les dirigeants peuvent logiquement être fiers de représenter une institution au bilan financier sain et positif, une exception qui confirme aussi la mauvaise gestion des autres clubs du pays. 

©Hotspor

Pour l’anecdote, lors de la crise récente du coronavirus, Cukaricki a été le seul club du pays a annoncé pouvoir payer l’intégralité des salaires des joueurs et membres du staff. Sur le plan sportif, Cukaricki est désormais un cador de SuperLiga. L’équipe s’est stabilisée dans la première partie de tableau et se place régulièrement dans les places qualificatives pour la Ligue Europa. Une place volée cette année par le TSC Backa Topola, se classant devant le Radnicki Nis (5″) et Cukaricki (6e).

Le point culminant de l’histoire récente du club reste la Coupe de Serbie remportée en 2015 face au Partizan. Avec dans ses rangs les frères Srnic, l’attaquant Nikola Stojiljkovic, et sur le banc le désormais réputé Vladan Milojevic. En attendant la reprise de la SuperLiga prévue pour le 30 mai, Cukaricki est classée 5ème et est en position forte pour se qualifier pour les tours préliminaires de C3. L’équipe a pu compter sur ses jeunes talents, tels que le milieu relayeur Stefan Kovac, l’attaquant pivot Slobodan Tedic, et l’explosif ailier Milutin Vidosavljevic. De quoi présager un avenir radieux les Belgradois.

By Bojan Stanojevic

Fou du Partizan, dans tous les sens du terme. Redevenu amoureux des aigles blancs grâce à Aleksandar Mitrović.

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